
mercredi 31 décembre 2025
vendredi 26 décembre 2025
Hubble dévoile « Dracula’s Chivito » : le plus grand disque protoplanétaire jamais imagé, une usine à planètes géantes et chaotique
Chapeau : Le télescope spatial Hubble a capturé une image exceptionnelle de IRAS 23077+6707, un disque protoplanétaire colossal vu par la tranche. Baptisé « Dracula’s Chivito », ce système étendu et turbulent remet en cause les modèles classiques de formation planétaire.
1. Un géant caché démasqué
À environ 1 000 années-lumière de la Terre, l’objet IRAS 23077+6707, surnommé « Dracula’s Chivito », détient un record : il s’agit du plus grand disque protoplanétaire jamais imagé directement. Observé par la tranche (edge-on) par le télescope spatial Hubble, ce monstre s'étend sur près de 400 milliards de miles, soit une largeur équivalente à 40 fois la distance du Soleil à la ceinture de Kuiper.
Son orientation nous cache son étoile centrale, masquée par un plan médian dense, mais révèle une morphologie étonnamme complexe et désordonnée en lumière visible.
2. Une morphologie en « hamburger » asymétrique et turbulente
L'image de Hubble présente une structure bipolaire distinctive :
· Un plan médian obscur et dense, formant le « steak » du « hamburger » cosmique.
· Des lobes diffus supérieurs et inférieurs de poussière et de gaz, évoquant les deux pains du sandwich.
La grande surprise réside dans une asymétrie marquée :
· D'un côté, d'imposants filaments verticaux s'étendent loin du disque.
· De l'autre côté, le bord apparaît net et bien défini.
Cette morphologie chaotique, confirmée par des observations complémentaires du JWST, suggère une histoire récente et violente : accrétion de matière externe ou interactions avec l'environnement proche. Elle indique une turbulence bien supérieure à celle prédite par les modèles classiques de disques protoplanétaires.
3. Un laboratoire unique pour la formation des planètes géantes
« Dracula’s Chivito » n'est pas seulement vaste ; il est aussi extrêmement massif, contenant l'équivalent de 10 à 30 fois la masse de Jupiter (10-30 MJup) en matériaux. Un tel réservoir est capable de former des planètes géantes, voire des naines brunes.
Le niveau de détail inédit des sous-structures vaporeuses observées par Hubble en fait un laboratoire exceptionnel pour étudier les processus de formation planétaire dans des conditions extrêmes, à une échelle jamais vue auparavant. C'est une version agrandie et turbulente de ce qu'a pu être notre propre Système solaire dans sa jeunesse.
4. Implications et questions ouvertes
Dans une étude publiée dans The Astrophysical Journal le 23 décembre 2025, l'équipe menée par Monsch et al. avance que ce système « scaled-up » éclaire sous un jour nouveau des mécanismes fondamentaux comme l'accrétion, la migration planétaire et l'architecture finale des systèmes dans des disques perturbés.
Les observations soulèvent de nouvelles questions cruciales sur la cinématique précise du gaz et des poussières, ainsi que sur la nécessité d'affiner la modélisation du transfert radiatif (RT) pour comprendre pleinement la physique à l'œuvre dans cet environnement extraordinaire.
Conclusion : « Dracula’s Chivito », avec son architecture chaotique et sa taille démesurée, défie les scénarios standards. Il offre aux astronomes une fenêtre unique sur les processus violents et complexes qui sculptent les systèmes planétaires à partir du chaos primordial.
Source : Étude de Monsch et al., The Astrophysical Journal (23/12/2025). Données : NASA/ESA/Hubble, avec contributions du JWST.
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